Note aux visiteurs

13/08/2013 13:33

J'adore aller au centre ville aux environs de midi pour flâner du côté de la cathédrale Saints Pierre et Paul. Le spectacle vaut le déplacement.

J'adore avant et après le culte de dimanche aux environs de midi  flâner du côté de la cathédrale Saints Pierre et Paul. Le spectacle vaut le déplacement.

Debout au parvis de l'église, je regarde s'engouffrer les fidèles venus recharger leur dose de spiritualité. Il y en a, habillés de sainteté, qui semblent porter Jésus et sa croix sur leurs épaules. D'autres, le visage empreint d'une profondeur ineffable, semblent connectés à Dieu le père.

Certains arborent leur rosaire comme un talisman porteur de miracle. Chacun a le regard pénétré que devait avoir Saint Pierre quand au troisième chant du coq, dans la cour de Pilate, il nia ne pas connaître le fils de Dieu. D'autres ont cette attitude inquiète de Judas demandant à Jésus si c'est de lui qu'il parlait lorsqu'il prophétisait sur la trahison d'un de ses disciples. Parfois, je reste dans la cour de la cathédrale jusqu'à la fin de l'office. Et reconnaissant deux ou trois visages amis, je m'enquiers en vain de l'homélie du jour : « Laisse-moi dis donc ! Il a parlé ses choses ». Et vous madame, sur quoi portait le sermon de ce midi ? « Pourquoi toi tu n'es pas entré ? C'est moi qui dois te dire ? » Bonjour gars, l'exhortation était bonne ? « Je n'ai pas trop suivi, je crois que le prêtre a parlé de Dieu ! »

Ce qui m'étonne chez ces fervents fidèles du dimanche, c'est que de manière quasi-immuable, après la messe,ou le culte,  beaucoup se dirigent vers les marchands du temple autour de la cathédrale où se célèbre le fétichisme en toute autocratie. Il est naturellement plus facile d'enfumer les voisins d'encens de l'Himalaya sous le prétexte de chasser les démons que d'aimer son prochain comme soi-même.

Pour faire marcher son commerce, le vendeur d'objets «sacrés» conseille au «bayam-sellam» de se laver les orteils tous les jours avant le coucher du soleil, avec l'huile d'olive sainte. L'étudiant à la recherche d'un visa pour la France se voit offrir par sa mère, l'huile de nigelle en provenance du Tibet qu'il devra boire chaque jour après la prière du matin. Des objets ésotériques se vendent comme des petits pains : chapelets, encensoirs, crucifix, bougies, savons saint-Michel, croix de Saint-André, argile de blindage, poudre contre les «couches nocturnes», eau de «Zam-zam» contre les poisons lents, bref, le culte magico-religieux se porte bien à l'ombre de l'église.

Pendules, runes, encens Nagchampa Agarbatti indien, géode d'améthyste, tourmalines noires, oeil de Tigre, Pendentif yogi 7 chakras doré, poudre de Feng Shui, Parfums, lotions ou huiles pour amour, santé et rééquilibre. J'ai vu un midi, un ami chrétien s'offrir ces objets ésotériques avant d'aller allègrement le faire bénir par un prêtre en faction devant l'église. Dieu et le diable font-ils si bon ménage?

Jamais le diable n'a été aussi omniprésent. Il est vivant et prospère. Il est dans le coeur des enfants, de 7 à 77 ans. Il surprend au coin de la rue, se glisse aux basques d'un couple, sépare ceux qui sont unis pour le meilleur et le pire. Il parle dans la bouche de l'ecclésiaste et fait son office en toute charité chrétienne. Il se fait appeler amour, amitié, fraternité. C'est lui qui conduit le prélat dans les alcôves du marabout. Pour mieux les perdre, Il tend sa main à tous ceux qui, gagnés par la misère morale, ont perdu leur chemin et doutent du lendemain. Il procure un sentiment de puissance lorsqu'on a gravi les marches de son église et prépare la chute de ceux qu'il élève en haut de l'échelle sociale.

C'est en son nom qu'on décide de mutiler de sa dignité et de sa respectabilité « toute une personne humaine, de corps et d'âme comme de chair et d'os ». C'est à cause de lui que l'on à tendance à oublier que « Dieu est vénéré comme Juge suprême parce que Dieu ne raccommode pas : il crée, il innove, il invente de nouveaux possibles. Et ce qu'il crée c'est la vie, pour la vie, au nom de la vie », écrit Gabriel Charly-Gabriel Mbock. C'est contre lui que grâce à ‘son troisième œil clérical', outré, le cardinal Tsumi interpella les fidèles un jour : « comment pouvez-vous parlez du diable et le vénérez comme si Dieu n'existait pas ?» L'homme de Dieu savait de quoi il parlait. Le cardinal sait qu'ils sont nombreux au sein de l'église universelle, quelle que soit l'obédience, à faire des génuflexions à longueur de cultes pour leur « maître ».

Il n'y a qu' à regarder ce qui se passe dans nos paroisses, consistoires et chapelles; des pasteurs en quête de notoriété politique ou en pleine recherche de moyens de survies mettent en mal le devenir de l’Église de Dieu sous prétexte fallacieux de le servir. Dans l'Epco ces phénomènes sont récurrents; il suffit de faire son quart d'heure à la gare routière d'Ebolowa-si 2 pour voir se glisser dans une buvette bien indiqué ceux qui sont chargés de faire paitre les brebis du seigneur; les cas de lutte d’intérêt ne sont plus à démontrer, les flagrants délits de sorcellerie , d'adultère de fornication d' alcoolisme sont devenus monnaie courante alors que nous nous revendiquons "fondamentalistes, gardiens des préceptes bibliques". Si seulement le Rev Ayissi Binélé pouvait voir ce qu'est devenu cette Église pour laquelle ils se sont battus, qu'en penserait Rev Abel Nko'o?  A y regarder de trop prés on comprend clairement que ce qui avait été annoncé sur la fin des temps est en plein accomplissement; malheureusement des innocents sont pris en pâture. Jetez un coups d’œil sur ce qui se passe à travers le monde et vous m'en direz des nouvelles ; il n' y a donc de quoi ce poser la question "où va le monde?"